Les îles du Frioul

J’étais pas né quand tu m’as assassiné
J’étais pas né quand tu m’as assassiné
Dans dix ans mentirai-je sur mon âge
J’ai encore en bouche le goût du lait
Aussi frais qu’étendu je mordrai des craies
Je mordrai des craies

J’ai pris des débris des calanques
Pour mettre sous le pied de ma plante
Mais dans cent ans sentirai-je les étages

Une maille à l’envers
Une maille à l’endroit
Une maille à l’envers
Une maille à l’endroit
Tu m’as cramé
Tu m’as cramé
Tu m’as pas laissé filer
Tu m’as pas laissé filer

J’étais pas né quand tu m’as assassiné
J’étais pas né quand tu m’as assassiné
Serai-je un jour agile de mes sillages
Dessinant mes yeux j’aurai une raie qui aime
Un cœur fragile, des phalanges angulaires
Quand mes os seront assaillis assaillis
Mon ombre voûtée, nombril avachi

J’ai pris des débris des calanques
Pour mettre sous le pied de ma plante
Tu m’as cramé
Tu m’as cramé